Victor Tourjansky met en scène la pièce en vers d'Edmond Rostand. Hormis une séquence allégorique en surimpression (pompée sur Abel Gance?) de grognards exhumés de leurs tombes, le film n'est rien d'autre que du théâtre filmé, et pas du meilleur.
D'essence patriotique et à grand renfort de Marseillaise, le sujet relate le complot visant à exfiltrer le fils de Napoléon et de Marie-Louise de la cour d'Autriche pour en faire le nouvel empereur des Français.
Les acteurs et le réalisateur n'ont à l'évidence pas encore apprivoisé le cinéma parlant : le débit de parole est anormalement lent. Ce qui vient s'ajouter à la mollesse du récit et à la somnolence de la caméra. J'ai bien essayé de capter ce que les vers de Rostand pouvaient avoir de beauté, de saveur ou d'astuce, mais la mise en scène et le jeu des comédiens sont vraiment trop barbants pour profiter du texte.
Sarah Bernhardt avait créé le rôle de l'Aiglon en 1900, sur un mode qu'on imagine expressionniste suivant les canons du théâtre de l'époque; ici, les outrances et le surjeu, en particulier dans les passages dramatiques, sont manifestes, qui appartiennent encore au cinéma muet.