"L'âme idéale" : film dont le titre laisse entrevoir ce que sera le récit sur le mode d'une comédie romantique, surfant avec le fantastique et teintée d'humour et de tendresse. Elsa, jeune femme médecin, pas une illuminée, a un don : celui de d'être parfois en relation avec un défunt qui erre, car quelque chose le retient sans qu'il ne s'en rende compte. Cette situation l'a mise dans l'embarras par le passé et ne lui a pas permis de rencontrer celui qui aurait pu être l'homme idéal, l'amenant à faire une croix sur toute relation amoureuse dans le futur. Si l'on admet, ne serait-ce que le temps d'un film, que l'on peut entrer en relation avec les morts, l'on peut entrer dans l'histoire... dans le cas contraire, mieux vaut passer son chemin ! À défaut de rencontrer l'homme idéal, Elsa va rencontrer l'âme idéale en la personne d'un défunt, Oscar. À l'occasion d'un accident routier dans lequel elle est légèrement blessée, elle tombe sous le charme d'Oscar, musicien, avant de réaliser qu'il est mort dans l'accident et qu'il l'ignore. La suite donne lieu à un certain nombre des quiproquos cocasses et drôles, mais aussi à des scènes touchantes. Le film flirte avec le mélo, sans en faire trop. Les deux acteurs sont convaincants et habités : Magalie Lépine Blondeau qui a des airs d'Émilie Duquesne aussi bien dans son jeu que dans son physique ; Jonathan Cohen tout en finesse, humour et douceur. Le film, qui met en évidence la tension qui caractérise la relation entre vie et mort, se conclut sur une belle morale : alors qu'il est généralement admis qu'au seuil du trépas, il est nécessaire d'accepter de mourir, le propos est ici de considérer qu'il est nécessaire d'accepter de vivre pour exister. Alors quand bien même le scénario présente ici ou là quelques fragilités, il s'agit d'un cinéma généreux et plaisant !