"L'intérêt d'Adam" : film de la cinéaste qui réalisa l'excellent "Un monde" sur le harcèlement scolaire ; mais cette nouvelle réalisation ne tient pas ses promesses et est même exaspérant à bien des égards. Les acteurs jouent avec justesse, notamment Léa Drucker, pédiatre en milieu hospitalier, de même qu'Anamaria Vartolomei, mère d'Adam et en situation précaire. Nous sommes dans un service hospitalier qui accueille de nombreux enfants en détresse sociale et qui sont atteints par diverses pathologies. Adam, 4 ans, souffre de fractures, liées à des carences alimentaires et il accuse un retard de croissance. Une décision de justice tient sa mère à distance, mais Lucie, la pédiatre, lutte pied à pied, pour faire admettre qu'on ne peut pas venir en aide à Adam si l'on met à l'écart Rebecca, qui est une mère aimante. Lucie va loin, très loin et à vrai dire trop loin! Le problème fondamental du film est que le regard de la réalisatrice, loin de mettre en cause le fait que Lucie outre-passe les limites de ses fonctions, emportée par l'affect et un désir de toute puissance qui masque probablement des failles et une profonde fatigue, laisse supposer que la pédiatre est du côté du bien et que les autres sont du côté du mal. En somme, on ne pose pas véritablement la question de ce qu'est l'intérêt d'un enfant de 4 ans dans la situation d'Adam. L'on se dit que le personnel soignant, médical, les travailleurs sociaux ainsi que les professionnels de la justice et de la petite enfance qui visionneraient ce film, pourraient bien être outrés. Un cinéma décevant!