Elsa peut voir les morts, leur parler, et les aider à quitter notre réalité. Un don qui lui empêche de vivre une histoire de couple normale. Mais si l'amour ne marche jamais avec un vivant, pourquoi ne pas essayer avec un mort ?
Une très bonne surprise que "L'Âme idéale", qui pourtant sur le papier ne me rassurait pas. Le thème du medium qui communique avec les morts nous a déjà été rabâché à toutes les sauces (horreur, romance, comédie, polar...). Et le cinéma français n'est que rarement à l'aise avec le fantastique. Mais ici ça fonctionne bien !
D'abord parce qu'Alice Vial ne perd pas de temps. En quelques scènes, on comprend le don d'Elsa, et sa solitude. Le subterfuge de la relation avec Oscar, jeune homme rencontré durant un accident, ne dupe personne et ne dure pas non plus. A ce niveau le film nous offre quelques quiproquos amusants, sans chercher à tirer une pelote que d'autres ont déjà usée. Il évacue également la logistique des morts (ce qu'ils peuvent faire ou non dans notre monde) avec quelques pirouettes.
Ensuite grâce à l'approche étonnement dramatique du film. Le scénario se centre beaucoup sur la pression que subit Elsa. Incapable d'avoir une relation normale, inquiète d'être prise pour une folle, éperdument amoureuse d'un mort. Le récit développe également cette histoire de manière plutôt profonde : est-ce raisonnable d'être avec quelqu'un qui nous comprend totalement, mais avec lequel on ne peut rien construire ? Cela donnera lieu à plusieurs scènes émouvantes.
Enfin, le film bénéficie beaucoup de son tandem d'acteurs. Jonathan Cohen, étonnement sobre, à quasi contre-emploi dans ce rôle de compositeur parti trop tôt. Magalie Lépine-Blondeau, qui gomme son accent québecois, et parvient aussi bien à jouer la détresse affective que les expressions rayonnantes quand elle trouve le bonheur.
Un joli film fantastique.