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Sex Therapy
On dirait du Aaltman ; c'est lui qui produit, donc on imagine que le bougre exerçait son pouvoir sur Rudolph. Le début est très prenant : le récit est bien mis en place, les personnages fascinants...
le 11 mars 2018
Alan Rudolph,qui a disparu de la circulation aujourd'hui,fut des années 70 aux années 90 un réalisateur très coté et très surestimé,surtout par la critique,dans le genre cinéma d'auteur.En fait,il s'agit surtout d'un maniériste chichiteux dont les films sont plutôt ennuyeux et agaçants,"Afterglow" en étant un bon exemple.On a là le dispositif usé de la partie carrée.Soit deux couples,un jeune et un vieux, qui vont très mal.Un plombier queutard et son épouse,ancienne actrice de séries B d'horreur.Un trader plein aux as mais à moitié impuissant,qui ne satisfait pas sa jolie femme chaude comme la braise et qui veut absolument avoir un enfant.Ce qui tombe bien,car le plombier vient travailler chez elle et se fait un plaisir de suppléer aux carences de son jules.Lequel,manifestement attiré par les femmes mûres, va de son côté entamer une relation avec la légitime de l'artisan.D'où un laborieux chassé-croisé vaudevillesque,filmé par Rudolph avec la préciosité prétentieuse qui est sa marque de fabrique.Par conséquent l'oeuvre est percluse de tics auteurisants qui n'apportent rien mais sont sensés faire chic.L'image est dégueu,la musique de Mark Isham,vaguement jazzy,totalement insupportable,les dialogues,faussement intelligents,se veulent signifiants mais ne sont que faiblement littéraires,et la direction d'acteurs est catastrophique.Les deux couples ont des problèmes sexuels et des traumatismes liés aux enfants.Le plombier et son épouse ne baisent plus ensemble depuis que madame a avoué à monsieur que leur fille n'était pas de lui,tandis que le trader,apparemment gérontophile,n'est guère porté sur la bagatelle et refuse d'honorer sa charmante compagne,surtout en période d'ovulation.On se demande d'ailleurs bien pourquoi ces deux-là se sont mariés.Soit des thématiques assez classiques que Rudolph traite médiocrement,dans son style si particulier.Il y a des miroirs partout,dans lesquels se reflètent les personnages,ce qui symbolise leur narcissisme et leur égocentrisme,chacun d'eux étant centré sur ses propres obsessions et sur sa petite personne.Tout sonne faux,les protagonistes sont tous stupides et antipathiques,et la mise en scène les rend peu crédibles.On nous colle par là-dessus quelques dialogues en français,c'est tourné à Montréal parce que c'est moins cher au Canada,et même le "Et maintenant" de Gilbert Bécaud,ça fait classe et exotique.Ca fait surtout con grâce à l'épouvantable accent anglais des personnages.Les acteurs,dont certains ne sont déjà pas des flèches,sont impuissants à transcender la bêtise des dialogues et des pantins qu'ils interprètent.Nick Nolte,plus habitué aux rôles virils dans des films d'action,n'est guère à l'aise en ce contexte.Julie Christie,encore pas mal pour son âge,se livre à un festival de simagrées ridicules.Johnny Lee Miller est complètement transparent.Quant à Lara Flynn Boyle,si adorable dans "Twin Peaks",elle charge à mort un personnage d'idiote déjà copieux et ne doit qu'à sa beauté de rester supportable.Le film est produit par Robert Altman,dont Rudolph fut l'assistant.
Créée
le 13 août 2017
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