J’adore les films qui se déroulent au gré des saisons et dans ce film islandais, on va suivre justement la décomposition presque organique d’une famille au fil de l’année par l’absence du père, par des enfants qui s’émancipent, qui grandissent et qui se blessent, par une fille qui fait sa crise adolescence, et enfin une mère qui travaille avec acharnement, essayant presque de transcender son statut de mère par son art.
Ce que j’ai trouvé vraiment de beau, c’est la dé-dramatisation totale de cette déchirure. Finalement c’est une évolution peut-être plus qu’une destruction, et un peu à l’image du cinéma d’Ozu qui prenait quasi pour objet de recherche l’évolution de la famille souche japonaise par la modernisation du pays, l’auteur montre ci les retors d’une famille nucléaire du nord de l’europe dans sa forme contemporaine. Ainsi il tente un pas quasi nietzschéen pour montrer que tout ce qui s’écroule donnera nécessairement lieu à un nouveau cycle.
Printemps,été, automne, hiver … et printemps.
Cependant, le film a parfois un peu trop tendance à se perdre dans son ivresse et on aurait aimé qu’on nous montre les membres de plus près, d’une façon plus brutale, car il nous reste du film au final surtout belle carte postale islandaise en tête.