Malgré un verbiage un brin pompeux et une tendance parfois agaçante à se mettre lui-même en scène, Emmanuel Mouret m'est fort sympathique, m'offrant chaque fois un bon moment de détente aussi léger et réconfortant qu'un bon bol de chocolat chaud, me laissant la plupart du temps sur un petit nuage.
Malheureusement, la magie n'opère plus dans cet opus construit sous forme de sketchs traitant une fois encore des relations complexes entre hommes et femmes, Mouret restant cloitré dans son petit univers douillet, s'attardant sur les mêmes questions, même si pour une fois il s'efface au profit d'un casting impeccable si l'on excepte cette gourde de Judith Godrèche, comme toujours incapable de sortir une phrase avec un semblant de naturel.
En grande majorité succincts (hormis l'interminable passage avec Julie Depardieu, Laurent Stocker et Godrèche), les récits, d'abord intrigants, n'ont pas le temps de s'épanouir, s'achevant juste au moment où l'intérêt du spectateur est à son comble, ce qui à pour effet d'apporter un énorme sentiment de frustration. Seul le sketch en plusieurs actes mettant François Cluzet aux prises avec une Frédérique Bell délicieusement casse-couille mérite le détour, le Woody Allen français retrouvant pendant quelques minutes la fantaisie qui me fait aimer son cinéma habituellement. Rendez-vous manqué mais c'est pas grave, on se rappelle Manu !