Luigi Zampa fait tenir à Alberto Sordi un rôle de "monstre" bien avant les grandes heures de la comédie italienne façon Dino Risi. En moins mordant peut-être mais en tout aussi édifiant. Le film est une satire qui raconte le parcours de Rosario, à l'origine un obscur employé d'une mairie sicilienne, des années 10 jusqu'à l'après seconde guerre mondiale.
Avide de réussite sociale, cupide et profiteur, Rosario fait, tout au long du film et de sa vie, la démonstration d'un opportunisme sans scrupule. L'art de se débrouiller. Il sera successivement, entre autres tours et détours,
socialiste par désir de la femme d'un député de gauche, fasciste à l'avènement de Mussolini, communiste à la Libération, affairiste
au moment de la reconstruction de l'Italie. Mais c'est toujours dépité ou humilié que le personnage de Sordi change de chemin.
Zampa vise-t-il à dénoncer ces brillantes carrières de quelques parvenus sans principe ni morale? Toujours est-il que sous l'angle de la comédie, le cynisme et les aspirations de Rosario se dissolvent dans sa sottise et sa veulerie, le propre de la comédie italienne.