Comédie sur un petit gars de banlieue qui se met en tête de gravir l’Everest pour conquérir le cœur de son amoureuse d’enfance. Un pitch simple qui laisse entrevoir les grosses ficelles de la romcom et pourtant le film touche et fait rire au-delà.
En effet, j’ai été émue – mais je reconnais être bon public pour ce genre d’histoire. Ce n’est pas tant parce que Samy vient de banlieue, d’une famille sénégalaise et qu’il n’a JAMAIS fait de montagne de sa vie, même si, bien sûr c’est plaisant d’observer quelqu’un qui dépasse ses limites personnelles et sociales, la montagne étant plutôt un sport couteux réservé à l’élite. Le point fort du film, c’est de montrer comment la fraternité peut pousser quelqu’un à réaliser le meilleur de lui-même. Pendant la quasi-totalité de son ascension, Samy n’est pas vraiment soutenu par les autres alpinistes. Ses compagnons de cordées se moquent de son inexpérience. Le guide – qu’on pourrait vraiment croiser à Chamonix, grincheux, dans l’efficacité de sa pratique – laisse le pauvre Samy se débrouiller avec ses doutes. Et ce sont plutôt les gaillards gouailleurs de la radio Nomade, radio locale du 93 avec qui il échange par téléphone, et, petit à petits, tous les voisins, copains du coin, qui viendront lui témoigner du soutien et l’encourager dans sa quête. Et puis, bien sûr, il y a le magnifique Sherpa « Johnny », qui aidera Samy à s’approprier la montagne. On s’incline à travers l’œil émerveillé de Samy devant l’agilité, la force et la ténacité des Sherpas. Johnny devient son ami, le seul à qui il peut faire des blagues la nuit, dans des scènes improbables où il lui lit les pages d’une romance à l’eau de rose.
Car c’est là la principale faiblesse du film. Certains diront que c’est du feel good movie, formaté TF1 et ils n’auront pas tort. Et pourtant… manger un bon burger parfois ça fait du bien (aie, ça fait un peu bobo vegan qui s’encanaille, cette remarque mais tant pis… l’image est parlante). Oui, c’est plein de bons sentiments. Oui, personne n’est vraiment méchant dans l’histoire ce qui heurte l'une des lois les plus élémentaires de la vie, et bien sûr, il y aura un happy end. Mais de temps en temps, ça fait du bien. Ça réchauffe le cœur en plein hivers. Ça montre ce que la solidarité peut accomplir : sans Johnny, qui n’a pas plus de raison de l’aider lui qu’un autre, Samy n’aurait jamais réussi. Ça montre qu’un bon but bien inscrit dans l’hypothalamus peut aider à accomplir n’importe quel objectif extrême, même si dans l’histoire vraie qui inspira le film, il ne semble pas être question d’amourette.
Les images de montagnes sont belles. Certains ont trouvé que le film manquait de hauteur, moi j’ai bien ressenti la douleur de la marche, les pas qui se font de plus en plus lents, la respiration difficile, la lutte à chaque geste contre l’envie de tout arrêter. Métaphore de la vie.
Et puis, on est de tout cœur avec ce héros qui aura découvert dans son labeur qu’avant de pouvoir aimer les autres il faut apprendre à s’aimer soi.
Alors pour celleux qui n’aiment pas les bons sentiments passez votre chemin. Mais si vous acceptez de vous laisser séduire de temps en temps, ce petit film remonte moral peut vous emmener haut.