David Janssen a l’art de se mettre dans un sacré pétrin. Tout juste sorti de ses ennuis avec un manchot, le voilà plongé dans un autre guêpier dont il va avoir toutes les peines du monde à se sortir. Cette fois il est policier, mais cela ne l’empêche pas de tuer un homme visiblement au-dessus de tout soupçon et de voir tout le monde se retourner contre lui. Après une première demi-heure qui tourne autour des premières auditions d’usage, lesquelles entraîneront la tenue d’un procès, le film bascule dans une enquête classique pour tenter de mettre à jour la vérité. C’est amusant comme certains films de cette époque semblent déjà totalement annoncer le cinéma des années 1970 et d’autres, comme celui-ci, restent entièrement figés dans leur époque. Les décors, les voitures, les tenues, la façon de filmer évoquent plutôt le début des années 1960 et, très honnêtement, la réalisation rappelle les séries de cette époque. En cela, celui qui a découvert David Janssen dans Le Fugitif ne sera absolument pas dépaysé.
Mis en scène par Buzz Kulik, qui a beaucoup plus tourné pour la télévision que pour le cinéma, l’ensemble est classique mais solide. Le récit va à l’essentiel et permet de brosser une galerie de portraits assez variés, permettant aussi de donner de petits rôles à de grands noms, comme George Sanders, Eleanor Parker ou encore Walter Pidgeon. Le projet, on le comprend très vite, n’est pas particulièrement ambitieux mais le résultat est un petit polar d’enquête très sympathique avec son lot de péripéties et de coups fourrés. Si l’ensemble est plutôt rythmé après une mise en place très statique, il faut cependant être conscient que l’action y est assez rare, hormis une petite séquence de passage à tabac à l’accent psychédélique peu heureux.
Mais l’essentiel est ailleurs. Ce qui nous intéresse est de savoir comment notre protagoniste va se tirer de là, d’autant qu’il semble, plus le film avance, de plus en plus esseulé. Évidemment, on devine très tôt que même si les planètes semblent mal alignées, il va s’en tirer, et le pot-aux-roses est quelque peu prévisible. Cependant, c’est propre, bien interprété et bien mené, et cette série B un brin désuète rappelle de très bons souvenirs et fait passer un agréable moment.