Lorsque j’ai lancé ce film, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. Force est d’admettre que ce fut une véritable surprise, tant cette production se révèle originale et unique en son genre.
Je laisserai de côté ma déformation académique (bientôt professionnelle, je l’espère...) concernant le traitement de la matière juridique. Les scènes devant le juge et certains raisonnements apparaissent en effet un peu grossiers. Heureusement, elles restent peu nombreuses, même si elles pourraient agacer quiconque a déjà mis un pied en faculté de droit.
Durant la première heure et demie, le spectateur est plongé dans un brouillard. On y suit un avocat présenté comme l’un des plus talentueux de sa région, rapidement repéré par un prestigieux cabinet new-yorkais. Cette ascension fulgurante s’accompagne de multiples dérives et tentations.
Puis le film finit par inviter à de riches réflexions intellectuelles et philosophiques. Il propose notamment une critique d’un système judiciaire où certains avocats, prêts à tout pour gravir les échelons, défendent l’indéfendable et n’hésitent pas à mentir. Mais surtout, il met en lumière une question qui nous concerne tous : le libre arbitre... Si la tentation se présente souvent à nous, y céder relève d’un choix personnel plutôt que d’une fatalité.
Ces réflexions sont portées par Al Pacino dans une scène tout simplement magistrale, où l’on sent un acteur pleinement qui s'amuse dans un rôle tout à fait fascinant. Il porte d’ailleurs le film malgré un casting de qualité (Charlize Theron, Keanu Reeves...), preuve si il en fallait d'autres qui est l'un des plus grands.
Malgré ses qualités indéniables, le film peine à convaincre pleinement. Cela tient peut-être au manque d'intelligibilités de certains passages, mais aussi au mauvais vieillissement des effets spéciaux.