Un film qui ne crée pas de surprise mais reste tout à fait agréable à suivre.
Je crois que l'on ne peut rester indifférent devant ce film, comme tout ce qui touche la politique, surtout dans un tel contexte. Le film n'apporte pas de clés de lectures ou d'éléments nouveaux quant au Kremlin ou Vladimir Poutine, mais il permet de s'évader un temps dans cet univers aussi mystérieux que fascinant.
Les dialogues sont très justes, parfois très bien écrit, et Paul Dano incarne très bien son rôle. On est d'ailleurs assez imprégné par celui-ci, et l'on ressent très bien cette évolution du jeune homme ambitieux qui petit à petit fini dévoré par le pouvoir et son environnement. Le film retranscrit d'ailleurs assez bien certains traits de caractères de la société russe, encline à la verticalité et au pouvoir.
Je reste assez dubitatif quand à la capacité de ce conseiller à véritablement influencer le Tsar. On a surtout le ressenti qu'il n'est qu'un des plus proches exécutants.
Pour ce qui est de Jude Law, il incarne bien Vladimir Poutine. Le rôle me semble tout à fait impossible à jouer, mais la tâche est à mon avis plutôt réussie, sans toutefois l'être parfaitement. On reconnaît le Tsar dans ses mimiques et traits physiques, et son absence dans la très grande majorité des scènes est à mon avis un bon choix de la part du réalisateur.
D'une part, cela colle à la réalité puisque rare sont ceux qui parviennent à ne serait ce qu'entrevoir Poutine dans la "Cour" du Kremlin. D'autre part, cela entretien une certaine forme de mystère et de pouvoir autour du personnage.
De surcroit, le film ne met pas assez en exergue (voir pas du tout) un trait de caractère du Tsar qui est la nostalgie de l'URSS, pourtant publiquement reconnu par Poutine lui-même. Cela ressort très nettement lors du passage sur la crise du Maïdan et l'annexion de la Crimée.
Si l'on ne s'intéresse que très peu à la scène internationale, il est impossible de déceler par ce film que Poutine voit l'Ukraine comme un démembrement de la Fédération de Russie, n'ayant jamais réellement quitté l'URSS.
Enfin, le film est long, certaines scènes n'ajoutent rien, et on ne peut que rejeter l'absence des dialogues en Russe. Cela s'ajoute par ailleurs au cruel manque de références culturelles Russo-soviétique.
In fine, le film remplit sa tâche parce qu'il permet de s'évader, sans aller toutefois au-dela.