Une famille heureuse se dit au revoir sur le palier de la porte, et quelques heures et contractions plus tard, elle a basculé dans le chagrin. Cet avant/après sidérant propre à l'accident est bouleversant de réalisme. On l'aime ce film qui fait se percuter les vies de voisins de palier bien différents et les lit doucement, irrégulierement, au gré des événements de la vie, mais avec profondeur.
On y voit des défauts, un personnage secondaire (mère de Sandra/Valeria) boursouflé tant il est caricaturale, une manière de présenter le temps qui passe en indiquant l'âge de la petite fille, lourdaude mais nécessaire tant sinon on ne verrait précisément pas que le temps a passé sauf à travers l'évolution physique de la fillette (Eliot, le petit garçon ne changeant pas d'un iota, lui, argh). Mais pour Valéria et pour la manière de dérouler les méandres des vies en évitant les facilités, pour le regard tendre sur un homme (Pio Marmaï, touchant) qui grandit. Pour Quenard en beauf qui cache sa grandeur d'âme sous une moustache pourtant improbable, on en redemande.