C'est un film qui vaut la peine d'être vu par ses thématiques abordées, mais j'ai trouvé qu'elles étaient trop nombreuses.
Ce qui passe certainement bien dans un livre est ici beaucoup trop condensé.
Le film passe par toutes les étapes en un temps record : naissance, mort, deuil, attachement à la voisine, rencontre, fausse couche, mariage, rupture... C'est trop. Les situations s'enchaînent trop vite et le film survole des sujets qu’il devrait creuser.
Par moments, l’enchaînement de certains baisers donne même l’impression que le récit va basculer dans une mauvaise comédie romantique (heureusement non)
Cette précipitation des thématiques dessert certains enjeux comme le personnage d’Elliot, on nous montre brièvement qu'il devient "tyrannique" par besoin d'attention (il déchire le cadeau de sa sœur, il veut forcer Sandra à soigner Alex avec des ciseaux) mais c'est aussitôt abordé, aussitôt évacué.
Ce qui fait du bien, en revanche, c’est de voir que tous les personnages sont foncièrement de bonnes personnes (mais c'est aussi un défaut 😅 voir en dessous).
Ce qui est bien est qu'l n'y a pas de non-dits inutiles, les personnages principaux osent le dialogue entre eux, les scènes gênantes sont bien gérées comme lorsque Sandra, en robe de chambre, découvre Emilia pendant qu'Elliot fait son "enfant roi". J'ai aussi beaucoup aimé la scène de la grange : même si le dialogue est très écrit, il est juste. Sandra secoue Alex et le force à voir le "soleil" dans sa vie alors qu'il se pense maudit.
Cependant, cette bienveillance généralisée frise parfois la "science-fiction émotionnelle". C’est presque trop beau, limite Bisounours, personne ne semble en vouloir à Alex alors que c'est lui qui a poussé pour avoir l'enfant qui a causé la mort de Cécile. Cette absence totale de rancœur de la part de la belle-famille, cette belle famille est un peu trop parfaite pour être totalement crédible.
Techniquement, j'ai beaucoup aimé la photographie et le travail sur les lumières d'intérieur.
Concernant la rupture avec Emilia, elle est soudaine mais le dialogue à l'aéroport est excellent. Elle réalise qu'elle est tombée amoureuse de lui par empathie car il a été gentil avec elle (les sushis) alors que personne ne la calculait, mais elle comprend que pour elle un couple ne peut pas tenir uniquement sur la politesse ou la gratitude.
Bref, un 7/10.
Les rôles et les sujets ne sont pas faciles et tout le monde s'en sort bien, mais le trop-plein du film provoque des décrochages. Ça reste un beau moment de cinéma, sur des thèmes forts (le titre est très bien choisi, ça aurait même plutôt dû s'appeler "les attachements") et un film qui décide d'aller dans la lumière plutôt que dans la noirceur humaine.