Un matin, les habitants d’une ville américaine découvrent que des forces armées étrangères sont en train de les envahir…
Près de 30ans après l’oeuvre originale de John Milius, qui n’était déjà pas bien mémorable (réalisée en pleine période Reagan & anti-communiste), on se demande réellement s’il était nécessaire d’en faire un remake. Vu le piètre résultat, on en conviendra tous, ce n’était vraiment pas utile. L'Aube rouge (2013) est l’archétype du blockbuster estival pour bouffeurs de pop corn, une oeuvre dénuée de la moindre subtilité, pro USA et archi patriotique à en gerber.
Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Dan Bradley se vautre dans les grandes largeurs, la faute à un scénario totalement invraisemblable (sérieusement, qui pourrait croire que la Corée du Nord puisse envahir les États-Unis, sachant qu’ils ne sont déjà pas foutu de lancer un missile balistique intercontinental). En pareille circonstance, le film se décrédibilise dès le début et ne parviendra jamais à relever la tête hors de l’eau. Contrairement au film d’origine où c’était l’URSS l’ennemi du peuple, un contexte bien plus réaliste, compte-tenu de l’époque.
Initialement, ce devait être la Chine qui incarne la puissance étrangère, mais comme cela est très bien expliqué dans le documentaire Hollywood sous influence chinoise (2025), on y découvre qu’Hollywood a préféré baisser son froc et se soumettre au Parti communiste chinois, en investissant 1M$ en post-prod' pour modifier la nationalité de l’envahisseur (pour devenir la Corée du Nord), afin que le film ne soit pas refusé en Chine.
Rien ne va dans ce remake, d’une part, son inutilité flagrante qui n’apporte rien de nouveau par rapport à l’oeuvre d’origine et sa distribution d’acteurs aussi expressifs qu’un troupeau de bovins. Le fiasco lié à son exploitation en salles était couru d’avance (un bide au box office mondial). Sorti aux States 2 ans après son tournage (3 ans plus tard dans l’hexagone), le désintérêt était total, le film aurait grandement mérité de n’être exploité qu’en DTV ou sur une plateforme de streaming.
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