L'un des rares films revus nettement à la hausse au second visionnage. J'avais apprécié la première fois, mais là, le talent de Guillermo Del Toro m'a sauté aux yeux quasiment à chaque instant. Plans superbes à plusieurs reprises, photographie magnifique, scénario doté d'une grande ampleur romanesque tout en s'inscrivant intelligemment dans un contexte historique... Doté d'un budget correct sans être illimité que le cinéaste exploite assez brillamment, il trouve un savant équilibre entre œuvre personnelle, presque intimiste tout en y injectant une subtile dose de fantastique, s'intégrant parfaitement à l'univers.
Réflexion sur l'enfance, la fin de l'innocence, la violence, la mort, toutes habilement traitées, « L'Échine du Diable » peut aussi s'appuyer sur de beaux personnages tout en proposant l'un des pires salauds proposés par le cinéma ces 25 dernières années, excellemment interprété par le trop rare Eduardo Noriega, l'occasion de quelques scènes (surtout une) particulièrement éprouvantes. Plutôt optimiste mais loin d'être naïf, l'œuvre est l'une des plus belles démonstrations du grand talent de son réalisateur, ce qu'il confirmera à de nombreuses reprises au 21ème siècle.