--- Bonsoir, voyageur égaré. Te voila arrivé sur une critique un peu particulière: celle-ci s'inscrit dans une étrange série mi-critique, mi-narrative, mi-expérience. Plus précisément, tu es là au dix-neuvième épisode de la huitième saison. Si tu veux reprendre la série à sa saison 1, le sommaire est ici :
https://www.senscritique.com/liste/Vampire_s_new_groove/1407163
Et si tu préfères juste le sommaire de la saison en cour, il est là :
https://www.senscritique.com/liste/soul_s/3323463
Et si tu ne veux rien de tout ça, je m'excuse pour les parties narratives de cette critique qui te sembleront bien inutiles...---
C'est l'année où mes grands héros trouvent enfin leur place au mois monstre. Après la déception Tim Burton, c'était ce soir à Guillermo Del Toro de s'essayer au film de fantôme. Del Toro, c'est le prince des actes manqués au mois-monstre. Il a fait tout ce que j'ai regardé, du vampire, du loup-garou, de la sirène (à peu près), du Frankenstein, et pourtant c'était à chaque fois soit trop tôt, soit trop tard, et jamais je n'avais trouvé l'occasion de mettre un de ses films au programme du mois-monstre. Voilà donc un tort réparé. Car Guillermo del Toro, c'est à lui seul la Hammer des temps modernes : Sur le fond bien sûr, avec ses thèmes variés qui sont pourtant tous une dérivation intelligente sur le thème du monstre, mais sur la forme également, avec ses couleurs d'une inimitable profondeur, qui, en plus d'être incroyablement séduisantes prennent tout leur sens quand il s'agit de montrer l'intensité du sang. Et ce soir encore c'est un sans fautes. Ces personnages attachants pris dans un scénario virtuose et cruel, ce décor en huis-clos absolument parfait, tous ces détails, dans les costumes, dans la mise en scène, dans la narration, et cette créature, parfaite en tout point, à tel point que Del Toro finit par devenir un poil agaçant à force d'être toujours le premier de la classe sur le sujet : une créature qui se dérobe, qui se fait désirer, qui attise une curiosité morbide à force d'être si peu montrée, une créature à la fois envoutante et terrifiante, attachante dans sa cruauté, repoussante dans sa détresse, juste, profonde. Evidemment le meilleur fantôme du mois, et pourtant la compétition est rude, à part le désastre des années 80 c'est une très belle édition cette année. Mais Del Toro est indétrônable. Je me permettrait donc quand même de soulever deux petits détails, de faire mon emmerdeuse jamais contente, comme je sais si bien le faire : Premièrement ce méchant unilatéralement méchant, méchant du début à la fin, méchant sans l'ombre d'un doute sur sa méchanceté, méchant pour être méchant. D'accord, oui, je sais, l'argument que "les vrais méchants de la vraie vie véritable ils sont comme ça". Je ne suis pas là pour regarder la vraie vie véritable, je suis là pour regarder un film, je veux être intéressée, je veux être surprise, je veux que le scénario joue avec ma compréhension, je veux être stimulée. Ce méchant là, ces méchants là qui reviennent à la mode en ce moment d'ailleurs, ce qui m'horripile, ne me stimulent pas. Et enfin, le plus important : STOP. LES. JUMPSCARE. Ca suffit. Prenez exemple sur les japonais, ils s'en sortent très bien sans.