Sortie en 1934, "L'école de la beauté" sera un des derniers pied de nez au code Hays, avant son application strict par les studios hollywoodiens jusqu'au début des années 60. Ici, tout ce que celui-ci désapprouve est présent dans le film : corps nus, strip tease, lingerie fine, scènes sous douches. Et un scénario particulièrement sulfureux... et même assez malaisant encore aujourd'hui, mais pour des raisons historiques qui n'avait pas encore eu lieu à l'époque.
Le scénario s'inspire du mouvement allemand Lebensreform, très populaire dans les pays germaniques au début du XXème siècle, un mouvement qui prônait le culte du corps, du sport et de la nature. Un mouvement plutôt bien pensant à l'origine, mais qui déjà dans les années 30 avait été impacté et affaiblit par de nombreuses dérives notamment celle du sexe lorsque certaines branches du mouvement y ont aussi prôné le naturisme. C'est à partir de cette dualité morale que les scénaristes vont écrire ce film.
Une paire d'escrocs tente de lancer un magasine à tendance érotique en abusant de l'image propre et populaire de deux champions olympiques.
L'ennui est qu'au moment où ce film sort, les nazis s'apprêtent à reprendre les idées de la Lebensreform à des fins propagandistes qui éclateront justement en 1936 durant les Jeux Olympiques de Berlin dans "Les dieux du stade" de Leni Riefenstahl. Ainsi la parade des champions de ce film apparaît malgré elle aujourd'hui, comme une prémisse de l'idéologie nazie et la fin surement comique à l'époque des moniteurs qui chahutent les noceurs de la veille n'arrange pas son cas par les méthodes qu'ils emploient.
Voilà donc un film dont l'image et le discours a été totalement déformé par l'histoire avec un grand H.