L'embuscade, selon l'auteur de la pièce de théâtre adaptée, est un évènement de la vie qui vient en modifier le cours. Pour le personnage central, le jeune et brillant ingénieur Robert (Georges Rollin), filleul d'un diplomate (Jules Berry), on suppose que cela pourrait être la découverte de l'identité de ses parents biologiques.
C'est un drôle de sujet et de film ; après une entrée en matière pas très limpide, dans un premier acte chez l'industriel Guéret (Pierre Renoir) qui donne une réception, le récit se déporte sur un conflit social dans l'usine d'automobiles du même Guéret.
Rien n'est très précis, tout semble trop condensé, et c'est la faiblesse du film. En revanche, on peut se rendre compte, à travers les dialogues, d'une certaine qualité d'écriture. Et puis, le film prend une dimension dramatique intéressante, recoupant ses deux thèmes, lutte ouvrière et trauma de l'enfant abandonné, de telle façon, qu'au dénouement, on se demande s'il faut y deviner un lien, une éventuelle métaphore.
Les acteurs sont bons (d'autant plus que les personnages sont sobres), et c'est ce qui permet au film d'atteindre une belle intensité dans sa seconde partie. Pierre Renoir, en brutal chef d'entreprise, fait une composition assez remarquable face à celui, dont l'auteur instille tout au long du film, dans l'esprit du spectateur, qu'il pourrait être son fils.