1973-2008 : durée de vie d'un certain François Pignon, petit bonhomme épris de fantaisie et de gentillesse et résolument maladroit, dépressif, con voire carrément emmerdeur sur les bords comme au milieu en fonction du comédien qui l’interprète. Qu'il s'agisse de Pierre Richard, de Jacques Brel, de Jacques Villeret ou encore de Daniel Auteuil Pignon est l'éternel grain de sable voué à désamorcer le programme de son antagoniste involontaire... qu'il soit brute épaisse, machine de guerre froide et calculatrice ou valeureux homme de terrain ( Lucas, Milan, Campana, pour n'en citer que quelques-uns ).


Ainsi Francis Veber ( créateur du fameux personnage sus-cité ) décide de diriger le remake du film réalisé par le regretté Edouard Molinaro et qu'il scénarisa 35 années plus tôt... Nous pourrons évidemment nous interroger sur la pertinence d'une telle entreprise, tant cette seconde version bénéficie d'un casting beaucoup moins alléchant et qualitatif que celui de la première. Ainsi Veber remplace un Jacques Brel toute en finesse et poésie par un Patrick Timsit irrésistiblement insupportable afin d'incarner l'horripilant François Pignon, pour dans le même temps attribuer le rôle de Ralph Milan à un Richard Berry en cabotinage complet...


Si le film parvient à imposer son rythme tout en gagnant en pragmatisme sur le plan purement narratif en comparaison de la version de 1973 le surjeu et le comique de répétition nous font parfois regretter la tendresse naturelle insufflée par Brel et Lino Ventura dans le film original. De ce point de vue ledit remake instaure d'emblée une ambiance moins tendre, moins chaleureuse et moins mal taillée que celle de Molinaro, privilégiant la mécanique très, trop bien huilée propre à l'écriture ciselée de Francis Veber.


L'ensemble se laisse regarder avec un étrange sentiment d'antipathie mêlée d'efficacité ( la version de Pignon proposée par Patrick Timsit est l'une des pires dans le genre, tant l'acteur en fait des tonnes sur le plan des mimiques vulgaires et agaçantes... allant néanmoins parfaitement dans le sens du personnage ! ) mais nous laisse souvent regretter le duo quasiment romanesque formé par Jacques Brel et Lino Ventura il y a maintenant près de 50 ans. Un remake propre en termes de réécriture, poussif et dispensable mais plutôt réussi dans son registre...

stebbins
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le 28 avr. 2021

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