Enfant de l'amour peut-être, enfant de la honte sans doute, puisque la célèbre comédienne de théâtre Liane Orland cache l'existence de son fils depuis vingt ans, et en particulier à son amant, l'industriel Rantz.
Sous la direction de Jean Stelli, la pièce d'Henry Bataille fait un mélodrame des familles très superficiel. Et qui va-t-on chercher souvent pour jouer les amoureuses éplorées et les mamans chagrines ? Gaby Morlay bien sûr.
Les préoccupations et l'enjeu de ce mélo sont très petit-bourgeois. Et surtout aucun des trois personnages principaux n'a d'étoffe. Entre le jeune homme désinvolte que joue François Périer, qui n'éprouve aucun ressentiment malgré sa clandestinité et le désintérêt de sa mère, et le portrait complètement insignifiant de cette dernière, le réalisateur passe à côté des seules questions qui vaillent.
Cette relation filiale est complètement dépourvue de vérité humaine tout autant que de portée morale. Ce qui est étonnant pour un film relevant du cinéma pétainiste qui a constamment fustigé le délitement familial.
Je ne connais pas la pièce de théâtre de Bataille mais cette adaptation semble avoir réduit le sujet à ses incidences dramatiques au détriment de l'authenticité et de la valeur présumée des personnages.