C'est le premier film parlant de Marcel L'Herbier et ce ne sont pas les imperfections sonores qui posent problème. Mais tout le reste. A commencer par le choix du sujet, une pièce d'Henry Bataille qui est un mélo bourgeois dont la valeur et l'intérêt m'avaient déjà échappé dans la version de 1944 de Jean Stelli avec Gaby Morlay et François Périer.
Une actrice cache à son amant et protecteur, un industriel promis à un haut poste gouvernemental, qu'elle a un fils. Les années passent.
Sur le fond, le sujet est un drame sentimental imbuvable où la relation entre la mère et le fils clandestin ne sont pas explorées et donc complètement insignifiantes d'un point de vue humain et psychologique. Sur la forme, L'Herbier tourne un mélo insupportable de mollesse dans lequel les dialogues -attribuons cette carence à l'expérimentation du parlant- s'enchainent non pas à la vitesse du son mais à une cadence de limace. De surcroît, si les acteurs parlent, ils jouent encore sur le mode du cinéma muet et les gros plans ne leur rendent vraiment pas service.
Ce film suranné est tout de suite d'un pénible ennui parce que la mise en scène est apathique et parce qu'il n'émane de son trio de personnages et de comédiens qu'une indigence dramatique. C'est du cinéma grossier qui ne parvient pas à faire passer la moindre idée ou le moindre sentiment sensibles.