On a tous cette scène en tête, la seule qui quoi qu'on en pense va rester dans nos mémoires. un bouge d'un bled sud américain infect, Charlie est un tueur à gages ici en mission, débusquer un immonde tortionnaire vaguement nazi et l'occire. Malin, la moustache se ballade avec la veuve d'une des victimes pour passer incognito, et comme il n'a que ça à glander, le sexagénaire pataud boit une bière dans le bouge susnommé. La veuve étant plus gironde que Charlie, une espèce d'orang-outan plus affreux que le Jaws des James Bond des années 70 débarque pour fourailler de ses gros doigts de pécore le décolleté de la dame. C'est peu dire qu'elle apprécie moyen, considérant sans doute qu'à peine avoir appris la mort affreuse de son mari doit en plus se coltiner l'aimable présence de la moustache et maintenant des doigts gros comme des saucisses de Morteau sur sa menue poitrine; c'en est trop. Charlie, patelin, admet que l'affront est réel et qu'en l'étant, face à trois mètres du bestiau, considère à son tour judicieux de lui agripper ... la bite (comprendre un bras d'enfant de dix ans, à vue de pif) afin de la triturer dans l'idée de lui procurer strictement aucun plaisir. Imaginons la scène, Charles Bronson branlant un géant dans une série B ouvertement craspec réalisée avec un mauvais goût total par le yes man J. Lee Thompson. Cette délicieuse et poétique incartade résume à peu près ce machin de 90' composé d'une violence sourde (la torture en début de film) à faire passer le plus atrocement raciste et misogyne bouquin de Gérard de Villiers pour une poésie byzantine.
Il demeure - et c'est d'ailleurs ce qui le sauve - une réalité: Un vrai et total plaisir coupable. Bravo Charlie, well done J. Lee, toujours plus haut, toujours plus loin, foi de Père Fourras.