Dernier film de la décennie indigeste de Friedkin où il aura réalisé quatre films calamiteux à la suite, Rules of engagement, à défaut d'être le plus mauvais, est clairement le plus odieux. Le niveau de propagande du film côtoie des sommets stratosphériques de patriotisme fanatique, rarement atteints à l'écran. En comparaison, le film fait passer ceux avec Stallone et consorts pour de la propagande gauchiste. C'est dire l'engin.
Car ce qui reste à l'arrivée, outre les invraisemblances à tout bout de champ, c'est la mauvaise foi criante du film où l'on est prié de s'extasier sur le sens bien connu de la justice aux USA, et sur le bien-fondé des actions de l'Oncle Sam à travers le monde. Le film n'a pas peur du ridicule. Paradoxalement, c'est aussi ce qui lui confère un - petit - intérêt, au sens où on ne peut qu'être abasourdi par un tel manifeste de propagande.
Côté mise en scène, c'est plutôt convenu mais encore bien amené. Les moyens sont là, encore que le Moyen-Orient version hollywood fasse clairement toc. La partie procès est plutôt bien filmée. Mais c'est bien tout. Ce sera le dernier gros budget dirigé par Friedkin, visiblement plus du tout à l'aise avec les grosses productions. Et surtout, Rules of engagement est son dernier mauvais film avant qu'il ne revienne à des projets plus modestes, et autrement plus intéressants.