Une Française mariée à un diplomate turc découvre la Turquie, ses traditions et plus particulièrement la polygamie et la place des femmes dans la société.
On pourrait voir dans ce film singulier, évidemment tourné dans un studio bien de chez nous, un manifeste féministe. En réalité, il s'agit d'une querelle civilisationnelle -la question religieuse n'est pas abordée explicitement- où la France patriarcale fait la leçon à une Turquie encore plus patriarcale. Avec son audace et son impertinence, son bon sens franchouillard, Viviane Romance ne craint pas de dire leur fait aux hiérarques de la Grande Porte. Elle qualifie même certaines postures locales de simagrées et le port du voile de carnaval...C'est tout l'intérêt et la saveur de ce film.
Il y a du mépris dans ce complexe de supériorité occidental, comme on peut le voir dans cette séquence cocasse et hallucinante d'ouvriers français spécialement requis pour installer l'électricité dans le palais du sultan... Ou comme on peut l'entendre, dans ses considérations sur les élites turques corrompues et voleuses. Le seul point marqué par les Ottomans, c'est la critique du divorce et du remariage en France. De là à penser que l'Eglise catholique se cache derrière le scénario, il n'y a qu'un pas.
Le sujet et le film ne volent pas haut. Mais ils sont amusants à double titre. D'une part, on y trouve des scènes de comédie assumées : Saturnin Fabre est impayable en dignitaire turc ; Dalio, si habitué, le pauvre, aux rôles de métèques, est amusant dans l'emploi de Sa Grandeur, sultan autoritaire mais petit homme chétif et creux. Et d'autre part, il y ce comique involontaire attaché à une représentation caricaturale de l'orientalisme et à une rhétorique très simpliste en matière de mœurs. L'attaque est frontale, et on peut se demander si le film a suscité des protestations diplomatiques.