Annoncé à la fois comme un drame, une comédie et une œuvre de science-fiction, L'esprit sacré est avant tout un objet étrange dont les protagonistes semblent évoluer dans une réalité décalée et plutôt inquiétante, et ce n'est pas la révélation finale qui adoucira cette impression. Qu'un groupuscule d'ufologues y soit au premier plan n'est pas qu'anecdotique, OVNI soit qui mal y pense, pas plus que l'accent mis sur la disparition d'une fillette dans la petite ville espagnole d'Elche, non loin d'Alicante. Si l'on rit assez souvent durant la projection de L'esprit sacré, c'est davantage par gêne, car il y a quelque chose d'anormal dans le déroulement de l'intrigue, un vice caché quelque part, qui expliquerait notamment l'omniprésence des télévisions allumées sur une information locale qui passe allègrement du glauque ou festif, sans aucune transition. Il est parfois délicieux au cinéma de se laisser embarquer là où l'on ne souhaite pas aller mais le faux rythme du film et sa volonté de taire le fond de l'histoire jusqu'aux dernières minutes ne suscitent guère l'adhésion et renforcent plutôt la méfiance vis-à-vis d'une manipulation un peu trop malsaine. Le film se veut plus malin que ceux qui le regardent mais sa conclusion, cynique à souhait, contribue à laisser sur un sentiment de malaise profond.