Attention: derrière ses faux airs de "Lolita" inversé et subversif se cache un film-traquenard sans saveur. À l'image de la banlieue bourgeoise où il se déroule, le film est lisse et moche. Breillat tente de nous faire croire à cette relation incestueuse entre une mère de famille et son beau-fils. C'est malheureusement un peu raté tant le gamin est insupportable, mais à la limite, pourquoi pas, on peut être indulgent là dessus. On l'est moins en ce qui concerne l'absence totale d'ambition de la part de Catherine Breillat concernant son film: la mise en scène est en pilotage automatique et a le pouvoir n'anesthésier la moindre émotion. On aurait aimé ressentir une gêne, quelque chose de vraiment dérangeant comme Veroheven a su le faire avec son "Elle": mais non, rien, tout est transparent ici, laissant de côté les émotions des personnages et le désir auquel on est censé croire. Et si on ne croit pas en leur désir, difficile de croire à tout ce qui en découle... incroyable que le film ait eu sa place à Cannes en competition.