"L'étrangleur" n'est pas, loin de là, un de ces thrillers courants ayant pour sujet un tueur en série et pour vocation un suspense criminel. A voir le navet de Paul Vecchiali, je penche soit pour le film de fin d'études d'un cinéaste débutant et maladroit, soit pour un film d'essai anticonformiste et suintant le dogmatisme ou la prétention artistique. Je retiens la seconde hypothèse sachant que le réalisateur fut rédacteur aux Cahiers du Cinéma...N'est pas Truffaut ou Godard qui veut...
L'histoire d'Emile, étranglant des femmes malheureuses, histoire d'abréger leur souffrance, est franchement ahurissante et insupportable. Je n'ai rien compris à la démarche et à la personnalité de ce type compassé joué par Jacques Perrin et je reconnais que je n'ai pas saisi ce que Vecchiali cherche à démontrer à travers son sujet, tant sur le fond que sur la forme.
Le réalisateur s'affranchit des règles du film de genre et d'un quelconque réalisme. Il compose un thriller aux personnages aberrants, à l'intrigue irrationnelle. Sa mise en scène, incohérente ou elliptique, parait saborder sciemment l'intérêt qu'on pourrait porter au sujet, au moins au personnage énigmatique de Perrin. Les acteurs, hélas pour eux, sont tous mauvais. A l'évidence, les scènes n'ont fait l'objet que d'une seule prise. C'est en tout cas l'impression qui prévaut au regard d'une interprétation grotesque.
Je veux bien admettre qu'un cinéaste sorte des sentiers battus mais de là à rendre une copie si pauvre en sensations et en crédibilité...