L'argument est habituel pour Capra : metttre en avant un personnage du commun et montrer qu'il vaut au moins autant que les "élites".
En l'occurence, ce personnage commun est Mr Deeds, joué par Gary Cooper, personnage aimé dans sa petite ville de Mandrake Falls, dans le Vernon. Mais sa vie va changer lorsqu'il reçoit un héritage de vingt millions de dollars. Alors qu'il arrive à New York pour gérer ses nouvelles affaires, une nuée de vautours se met à tourner autour de lui.
En creux, ce film faussement naïf, à l'image de son personnage principal, parle de la crise de 1929. Frank Capra y déploie une vision utopique.
Or la dernière phrase de l'utopie de Thomas More n'est-elle pas : "Je le souhaite plus que je ne l'espère."?
Il est permis de rêver. Cela n'en fait pas de la naïveté pour autant.
Frank Capra déploie ici une satyre plus mordante que jamais de la société américaine. Le tout culminant dans une longue scène de procès où les comptes seront réglés, une scène dont il reprendra des éléments dans Vous ne l'emporterez pas avec vous.
Pour autant, L'extravagant Mr Deeds n'est pas un pamphlet anti américain. Notre héros aime son pays, et n'a rien de plus pressé que de visiter la tombe de Grant, dans laquelle il voit un symbole, peu importe combien elle est dégradée. Ce qui est à l'image de l'idéologie d'un pays qui semble s'enliser dans l'égoïsme, qu'on pourrait dire être la conséquence de l'idéal américain poussé à son paroxysme.
Les rêves d'antan ont vécu. La crise de 1929 en acte la disparition.
Il est temps de laisser place au New Deal.