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Avec « L’Héritier des secrets », une coproduction entre le Québec, le Maroc et la France, Mohamed Nadif propose une réflexion sincère et intéressante sur la quête d’identité, la filiation et les secrets de famille. On a peut-être parfois le ressenti que la manière dont le sujet de la transidentité est abordé, notamment concernant l’impact sociétal de la religion et des normes imposées par des sociétés conservatrices, s’avère timide et botte en touche. Comme on pourra trouver que la vision contemporaine sur ce sujet tabou proposée est un peu idyllique dans la partie marocaine. Il manque donc peut-être d’aspérités et de propos plus polémiques, comme si le film avait un peu peur des recoins les plus complexes de son sujet. Cependant, ce que le long-métrage perd en potentielle controverse, il le gagne sur le versant de l’empathie et de la douceur. Le regard porté sur cet homme qui a fui son pays et ses racines pour pouvoir être la femme qui a toujours été en lui, bien avant les mouvances progressistes, est empli de tendresse et met en avant le courage. Le film ne juge pas, il semble être à l’écoute de son personnage et il nous fait partager la dualité qu’une telle situation peut impliquer par le biais d’une voix off peut-être un peu trop présente mais nécessaire.
Le film est habilement découpé en deux parties. La première à Casablanca présente un homme à qui il manque quelque chose pour se construire. Le père disparu sur un mensonge arrangeant va se dévoiler à lui par l’entremise d’une lettre. Quand il décide de partir sur les traces du père récemment décédé devenu une femme à Montréal, « L’Héritier des secrets » prend une tournure plus douce, résolument versée vers la tendresse. Nadif filme les souvenirs et le passé dans une atmosphère solaire. Et pour le reste du film, il ne prend jamais la direction du scabreux ou de la noirceur préférant livrer une œuvre apaisée et apaisante sur le sujet. Il filme les deux villes avec réalisme et passion, dans leurs contrastes comme dans leurs similitudes, toujours avec élégance. Le casting, entre acteurs marocains et québécois apporte un sentiment de véracité incontestable. C’est bien dialogué, toujours agréable et le chemin vers ses racines et l’acceptation du personnage principal est tracé avec beaucoup de délicatesse. Un beau film sur un sujet casse-gueule qui préfère la sureté au risque mais n’en demeure pas moins passionnant.
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Créée
le 8 août 2026
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