L’orientation sexuelle du professeur (qui est gay) fait partie intégrante du développement de son personnage, même si elle n'est pas le sujet central de l'intrigue. Sébastien Marnier utilise ce trait de caractère pour enrichir le profil du héros : Pierre Hoffman soufre d’un certain vide affectif et de solitude. Il est sentimentalement frustré. Une vision de l’homosexualité pas très joyeuse donc. Ce manque de connexions humaines dans sa vie privée contribue à le faire basculer dans une curiosité maladive, puis dans une obsession totale envers son étrange classe de troisième…
Pierre est un homme attachant et plutôt sympa. mais on est en plein l’homosexualité, ce douloureux problème !
Passons. Que vaut le film ?
Et bien il est très réussi.
Loin d'être un film scolaire typique, l'originalité se fait sentir dès la première scène L'exercice stylistique est impeccable jusqu'à la fin, ce qui compense le malaise qu'il peut susciter.
Marnier construit, entretient et amplifie une atmosphère où le sentiment d'étrangeté est la seule certitude scientifique. Il expose ainsi le spectateur, faisant de lui un complice nécessaire du crime. II réussit une fusion fascinante de genres à travers un regard persuasif et intrigant, dans un environnement naturaliste proche du style du cinéma d'auteur.
C’est un film différent et risqué, toujours à la limite du fantastique. Et ça fonctionne !
Profondément troublant : une œuvre singulière et radicale.
#henrimesquida #cinemaetlitteraturegay