On connaît finalement assez mal le destin d’Adèle Hugo, fille de Victor Hugo, on a tous en mémoire celui de sa sœur Léopoldine, pour qui son père à écrit Demain, dès l'aube… Truffaut choisit ici de raconter l’histoire d’un amour non réciproque, obsessionnel, qui conduira Adèle à la folie.
Isabelle Adjani, dans son premier grand rôle au cinéma, livre une performance qui lui vaudra une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Elle porte littéralement le film sur ses épaules, incarnant avec intensité cette passion dévorante qui se transforme peu à peu en dérive mentale.
Tout dans L'Histoire d'Adèle H. est assez théâtral, et l'on suit les correspondances épistolaires entre Adèle et son père, côté littéraire qui a toujours été chère à Truffaut. Le lieutenant Pinson, objet du désir, semble presque absent à l’image, insaisissable, tandis qu’Adèle, elle, est enfermée dans des cadrages serrés et des gros plans étouffants. La caméra traduit visuellement son enfermement intérieur et son obsession croissante.
C’est un film agréable à regarder, porté par une interprétation remarquable, mais qui n'en demeure malgré tout pas son meilleur.