"L'homme au complet blanc" passe pour un petit chef-d'oeuvre d'humour anglais. Son héros est un chercheur de l'industrie du textile s'évertuant à concevoir un tissu révolutionnaire inusable.
Cependant, deux ou trois moments subtilement caustiques, relevant donc de l'humour so british, n'empêchent pas le film de manquer de relief comique.
Avec son physique et une candeur qui rappellent de loin en loin notre Robert Dhéry national, Alec Guiness est le sujet de péripéties sans grande saveur et conformes à une mise en scène peu inspirée par les situations humoristiques, initialement un peu faibles déjà, et guère plus quand, à la fin du film, l'action dans les rues sombres de Londres donne une forme étrange, comme expressionniste, à la comédie.
Modestement satirique lorsqu'il décrit l'inquiétude commune des capitalistes et du prolétariat craignant la fin du profit pour les uns, de l'activité pour l'autre, le film attend les dernières scènes pour tirer quelques furtifs enseignements relatifs au personnage d'Alec Guiness: sa foi inextricable en son projet et sa vanité d'inventeur. Jusqu'alors, le personnage m'a semblé un peu fade.