A-t-il eu les yeux plus gros que le ventre Philippe Le Guay ? Pourtant il a toujours bien su s'entourer dans se longs métrages qui sont plutôt réussis, à mon humble avis.
Son meilleur film restera pour moi TROIS HUIT avec un immense acteur bien trop rare au cinéma MARC BARBE. Ici, Philippe Le Guay retrouvait son copain Cluzet pour l'emmener cette fois non plus en Normandie au milieu des vaches, mais dans une cave et dans la peau d'un négationniste déguisé en prof d'histoire vieillissant et qui va pourrir la vie d'une famille. C'est résumé grossièrement. L'affiche faisait peur et le début sentait bon le téléfilm sur TF1. Mais je me suis dit
les acteurs vont balayer mes mauvais présages. Hélas...quand la nourriture vient à manquer, c'est le vide. La nourriture, en d'autres terme, le scénario. Déjà le mot "négationniste" est très délicat et complexe dans son approche. On marche sur des oeufs. Surtout aujourd'hui ! C'était donc audacieux d'aller s'immiscer dans cette voie et d'y planter un thriller psychologique...qui n'aura jamais lieu. Couillu, donc ! Et casse-gueule ! Yvan Attal s'était cassé les dents avec "Ils sont partout" dans un autre style tout aussi délicat, et raté au final.
La barre était sûrement trop haute ou trop dangereuse, que sais-je, pour que le réa tombe dans la facilité voire l'ennui. Il y a de bonnes scènes, mais rares. La distribution est inégale. Il y a l'excellent Patrick D'Assumçao un des rares à être dans l'ambiance initiale, mais il est esseulé.
Le ténu Jonathan Zaccai accompagne au mieux Renier, et puis...Et puis les reste est horrible.
Philippe Le Guay s'était mieux entouré dans ses autres longs. Et il a moins joué du lieu comme il l'avait si bien fait avec ses "femmes du 6ème étage" sa meilleure comédie. Le reste de la distrib est risible. L'adolescente surjoue et sa vulgarité est-elle vraiment l'image que l'on veut donner des jeunes aujourd'hui ? Ca fait peur, et le chant lexical est vraiment très limité. Les avocats, quelle horreur. J'ai pas du tout aimé. Bérénice Béjo n'est pas dans son meilleur rôle, non plus.
Jérémy Renier est toujours aussi bien, mais le script est bien trop aléatoire et il y a des scènes vraiment très mauvaises qui plombent l'ensemble et nous détournent du sujet principal.
Cerise sur le gâteau : le pote avocat bourgeois sourire ultrabright version neuneu est juste grotesque et son jeu est horrible.
La mise en scène n'est pas recherchée alors qu'il y avait matière à serrer davantage les cadrages.
Parfois le réa s'y essaie. Mais il s'arrête en cours et revient à du téléfilm sans fond ni forme.
L'idée était bonne, pourtant ! La jeu de manipulation avait de bonnes cartes en mains, mais elles sont jetées ça et là. Cluzet est bien et vraiment différent dans sa proposition par rapport à ses rôles habituels. Mais la confrontation n'a pas vraiment lieu, le suspense ne prend pas, ou rarement, des questions demeurent sans être vraiment élucidées, et la fin médiocre plante l'ensemble.
La faute donc à un scénario bien trop bancal et manquant d'audace surtout dans la dernière partie bâclée, et très mauvaise.
Bilan : Un 6 un peu généreux pour la perf de Cluzet et parce qu'il y a tout de même quelques très bonnes scènes ( la scène du syndic et quelques autres )
Mais Philippe le Guay est plus habile et plus percutant dans la comédie douce amère et cet essai-là lui donnera probablement envie d'y retourner. En tout cas, perso, je l'y encourage car c'est vraiment sa zone de confort et il y est bien meilleur