Philippe De Broca signe en 1964 cette comédie d'aventure largement inspirée de Tintin, alors au sommet de sa popularité. Certes, le héros incarné par Jean-Paul Belmondo ne ressemble guère au journaliste à la houppette, mais "L'homme de Rio" est truffé de références à la bande dessinée de Hergé.


Il y est notamment question de civilisation sud-américaine, de mystérieuses statuettes volées, et de la recherche d'un trésor. Voilà qui rappellera quelques albums aux amateurs de Tintin.
Ce sont également les ingrédients qui feront le succès de la saga "Indiana Jones" deux décennies plus tard, et ce n'est pas un hasard, Steven Spielberg s'étant déclaré fan du film...


On suit donc Belmondo sur les traces de sa fiancée, enlevée par de cruels malfaiteurs, qui le mèneront tout droit vers Rio de Janeiro - même si l'on retiendra plus volontiers les magnifiques séquences tournées à Brasilia, nouvelle capitale brésilienne alors en construction dans le désert.


Les décors naturels constituent justement l'un des atouts d'une œuvre fort dépaysante, au même titre que la musique de Georges Delerue et le dynamisme inouï de la mise en scène, bonifiée par les cascades spectaculaires réalisées par Belmondo himself.
"L'homme de Rio" est construit autour de la personnalité gouailleuse et désinvolte de celui qui n'est pas encore devenu Bebel en cette année 1964, mais dont la légende est déjà en marche.


Si la réalisation de Broca n'est pas en cause, le problème vient d'un humour bon enfant trop omniprésent, qui tombe parfois à plat et qui finit surtout par fatiguer, à l'instar de la présence saugrenue du gamin, et d'une Françoise Dorléac au rôle assez horripilant.
Certes, ce type de personnages - parfaitement ancrés dans les années 60 - ne sont pas dénués de charme, mais avec un œil contemporain c'est l'agacement qui domine, tant les stéréotypes du clown misogyne et de la femme-enfant capricieuse sont exploités ad nauseam.


En résumé, "L'homme de Rio" ne manque pas de qualités, et reste une référence du film d'aventure à la française, mais sa durée excessive et ses caractéristiques fortement estampillées sixties en font davantage une curiosité sympathique qu'un divertissement à recommander.
En revanche, les enfants devraient adorer.

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le 6 juin 2015

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Val_Cancun

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