S'il y a lutte contre la pauvreté, c'est que l'espoir est là de la vaincre. Et l'Homme-sandwich est traversé par cette énergie de l'espoir, les épreuves ne faisant qu'en souligner la force.
La seconde séquence est peut-être celle que je préfère (une fois n'est pas coutume, ce n'est pas celle de Hou), elle a un ambitus plus large d'émotions, de rapports humains et un petit récit en contrechant du premier qui ajoute beaucoup de charme.
Voir imdB le goof concernant le court de Hou Hsiao-hsien : La séquence avec les enfants est parfaite, comme dans ses films suivants (Green green grass of home, Un été chez grand-père, etc..). Elle n'est pas sans rappeler la cruauté des enfants des Lumières de la Ville envers Charlot en guenilles.
Les deux petits dans le troisième ne sont pas mal non plus. Ils en sont aussi la meilleure part, la part insolente, celle qui se moque, la moquerie envers l'uniforme mais aussi envers sa propre misère et la richesse ou non des autres, leur papier toilette blanc.
Les trois courts sont tous plus ou moins imbibés d'une réalité assez contemporaine, ce n'est pas la moindre de leur valeur. Même si le court de Hou est un récit supposé se dérouler en 1962, il y a comme une pertinence contemporaine. Même s'il n'a pas encore affiné ce feuilletage temporel des films suivants, il y a déjà cette force de prendre le temps et l'histoire par plusieurs bouts... plutôt vivant que véritable, et plus véritable que vrai.