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SuivreLa condition humaine
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J’étais encore tout secoué par La Vie de Jésus quand j’ai lancé, avec un peu d’impatience, son successeur dans la chronologie filmographique de Bruno Dumont.
Humanité repousse la misère financière et aborde la violence avec un autre angle. Ici, plus de Freddy et autres brutes générées par la pauvreté, mais place à Pharaon, un enquêteur de police descendant d’un peintre connu (De Winter), chargé de retrouver l’auteur d’un crime atroce : viol et meurtre sur une ado.
Dumont utilise une approche minimaliste pour se focaliser sur les sentiments et les émotions intérieures de Pharaon, plutôt que sur une intrigue linéaire traditionnelle. Ce choix narratif permet au spectateur de plonger dans l'âme tourmentée du protagoniste et de ressentir la douleur et la solitude qui l'habitent. Pharaon est une sorte d’éponge du mal, qui absorbe, suce, s’imprègne du mal présent dans ce monde, un thème cher au réalisateur, qui sera réutilisé dans ses autres films.
Pharaon est gauche, perdu, timide. Il cherche à créer artistiquement, mais est nul. Pareil pour la drague. Sa présence sur Terre se résume à s’imbiber du mal. Son authenticité troublante et ses tourments quant à sa vocation ne sont pas sans rappeler l’abée Donnissan de Bernanos, grillé par le Soleil de Satan.
Le film aborde des thèmes comme la violence, l’exil social et la recherche d'un sens à la vie. Dumont utilise une mise en scène naturaliste et sans fard pour explorer les aspects les plus sombres de l'expérience humaine. L'utilisation de longs plans fixes par Dumont crée une atmosphère contemplative et permet d'explorer les émotions complexes et les questionnements existentiels de Pharaon. Sa solitude, son rejet par cette société qui ne veut pas de lui.
La scène du restaurant, où Joseph, le mec de Domino et auteur du crime, pète un plomb car lassé de la lourdeur des convives chantant sans cesse, m’a vraiment marqué. Plusieurs jours, mois, plus tard, je me demandais vraiment pourquoi il avait réagi aussi violemment. Puis j’ai compris, c’est pour expliquer qu’il est sanguin et peut devenir brutal en un instant, impulsivité qui l’a sûrement poussé à passer à l’acte et à violer et tuer une gamine, avec, bien évidemment, la présence du mal en lui.
Si le film m’a marqué, je l’ai aussi trouvé incroyablement long, et les scènes en terrasse ou à la sortie du musée m’ont presque plombé. Cependant, j’en retiens d’autres, captivantes, notamment le « putain c’est toi ?! ».
En conclusion, Humanité est un film long et contemplatif qui pousse le spectateur à être attentif et à s'interroger sur le traitement de ce mal qui rôde dans la nature humaine.
Créée
le 1 nov. 2023
Critique lue 14 fois
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