Un promoteur de boxe véreux (Albert Préjean) crée de toutes pièces une vedette du ring en la personne d'un docile et candide provincial (quand il n'apparait pas franchement simplet) qui est aussi un des plus mauvais rôles d'Yves Montand. Le personnage est sans substance, ce qui explique possiblement l'absence de conviction du comédien, l'apathie de sa composition. Laquelle est résumée dans la réaction du jeune boxeur Fenton lorsqu'il apprend que
ses combats sont bidonnés
: pas de réaction, le regard vide. Quant à sa bluette avec une jolie blonde potiche, c'est un pur artifice.
Le film part déjà sur de mauvaises bases avec son scénario médiocre tout en poncifs, évidences et explications de texte balourdes. Il est mis en scène par un réalisateur qui n'a aucune idée, et pas davantage de subtilité ni de sens dramatique. Le film est rempli de figures univoques et simplistes, tel le manager Albert Préjean qui se croit obligé d'expliquer ses magouilles par le menu et à voix haute. C'est un peu le combat de boxe truqué raconté aux enfants.
La dernière partie du film se résume à un combat interminable sur le ring avec un enjeu qui n'est qu'indifférent : Fenton se couchera-t-il ou ne se couchera-t-il pas. On n'a aucun doute à ce sujet puisque, si le boxeur est la vacuité incarnée, il a pourtant des valeurs.