Kim Ki-duk pour son plus grand plaisir (et le notre ?) met en spectacle ses personnages qu’il affectionne tant, mêlant les comportements déviants d’une société coréenne qu’il aime égratigner. Un choc des cultures se révèle entre ces deux personnages, qui petit à petit, vont se montrer comme étant l’alter ego l’un de l’autre. Elle, représente la vie loin de tout, loin de la société dont les stigmates s’égrainent dans son comportement (asociale), lui, la vie citadine et son modernisme amenant dans ses bagages les stigmates d’une vie étouffée par le béton (le renfermement).


L’Île est une tragédie sur le désespoir, celle d’un amour qui naît entre deux autistes (Hee-jin restant figée dans son mutisme et Hyun-shik ne confessant pas son crime) qui s’aiment à travers d’actes déments. Une folie amoureuse où l’amour justement est chaque fois plus fort à mesure que les mutilations se font de plus en plus dans la douleur. Terrible est la façon dont ils ont de se dire : « je t’aime » : un langage du corps qui se met à la place de la parole, mêlant plaisir charnel passionné et pervers. Tout au long du film la mort plane au-dessus de leur tête, une mort lente qui coule tranquillement comme les flots.


Kim Ki-duk met en image des amants maudits comme rarement ils avaient été montrés au cinéma. Il fait preuve d’une grande qualité dans la mise en scène qui aux premiers abords parait tout bonnement sobre mais qui en réalité est bien plus que cela. Il montre un grand savoir-faire dans le cadrage ainsi que sur la fluidité du récit et des images. Et fait donc de l’Île, un film fascinant et fluide laissant aller la caméra comme les deux amants dans leur fuite en avant de l’amour éternel.


http://made-in-asie.blogspot.fr/2009/01/lile-kim-ki-duk-film-coreen.html

IllitchD
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 13 déc. 2012

Critique lue 1.2K fois

L'Île

L'Île

8

IllitchD

le 13 déc. 2012

Suivre

Critique de L'Île par IllitchD

Kim Ki-duk pour son plus grand plaisir (et le notre ?) met en spectacle ses personnages qu’il affectionne tant, mêlant les comportements déviants d’une société coréenne qu’il aime égratigner. Un choc...

L'Île

L'Île

6

Dagrey_Le-feu-follet

le 13 janv. 2017

Suivre
Dernière modification

il y a 6 jours

Dites le avec des hameçons....

La belle et fantomatique Hee-jin (Suh Jung) s'occupe d'îlots de pêche au beau milieu d'un site naturel idyllique. Muette et autiste, elle accueille les clients et survit en vendant de la nourriture...

L'Île

L'Île

9

tartar_ottavien

le 13 août 2018

Suivre

50 nuances de poissons

Il y a ici quelques scènes qui font désormais parties de mon panthéon des scènes les plus difficiles à regarder (indice: des hameçons), mais faut croire qu'au-delà de cette violence coutumière (pas...

L'Enfer des armes

L'Enfer des armes

8

IllitchD

le 31 janv. 2013

Suivre

Director’s cut

Disparu. L’Enfer des armes de Tsui Hark est une œuvre mythique à elle toute seule. Troisième et dernier film de Tsui Hark de sa période dite « en colère », l’original est interdit par le comité de...

A Bittersweet Life

A Bittersweet Life

5

IllitchD

le 28 mai 2013

Suivre

Critique de A Bittersweet Life par IllitchD

Kim Jee-woon réalise une pépite de style. La réalisation a du style comme son personnage principal (Lee Byung-hun). Tout y est stylé, les plans, les costumes taillés, la belle gueule du héro...

The Murderer

The Murderer

6

IllitchD

le 11 févr. 2013

Suivre

Critique de The Murderer par IllitchD

The Murderer commence dans le Yanji, ce début de film est d’un aspect quasi documentaire, Na Hong-jin nous montre une région aux immeubles vétustes et sinistres. Il y a une misère palpable qui...