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L'Île aux chiens
7.7
L'Île aux chiens

Long-métrage d'animation de Wes Anderson (2018)

Wes Anderson se démarque du paysage cinématographique par une réalisation bien atypique et reconnaissable entre mille. Après Fantastic Mr.Fox, il s’attaque de nouveau au cinéma d’animation en stop motion avec L’île aux chiens.


Ce qui frappe en premier avec un film en stop motion, c’est la maîtrise ou non de cet art. L’île aux chiens s’avère alors techniquement très propre et impeccable, au vu du rendu des textures et de la fluidité des mouvements. Le réalisateur a par ailleurs ce style bien particulier, qui est lui est propre, de jouer entre les travellings rapides et les plans fixes relativement longs, offrant un aspect ancien et permettant un humour de répétition.


Accompagné des tambours d’Alexandre Desplat, le long-métrage se ponctue d’hommages à la culture et aux arts nippons (musique, théâtre d’ombre, anime, haïku…). Avec toujours un casting au poil, c’est encore aussi sûr : Wes Anderson produit peu, mais il produit bien. Là où toutefois une simple patte levée en acceptation de l’autre dans Fantastic M.Fox donnait des frissons, la réunification entre humains et canidés est à la fois attendue et sans source d’émotions.


L’île aux chiens est de plus un véritable playdoyer pour la cause animale et notamment la question du statut : les animaux sont-ils des objets que l’on peut jeter au même titre qu’un déchet quelconque ou sont-ils des êtres vivants à part entière, capable de ressentir douleur et émotions ? A quoi bien sûr, le réalisateur défend bec et ongles la faune et la flore. Recouvert d’une épaisse couche de poussière, dans des teintes grisâtres et dérangeantes, c’est également une sombre dénonciation de la pollution, dans un futur proche où la nature n’a plus sa place, complètement envahie par l’industrialisation. Mais le film questionne également la montée de la démocrature et l’alarmante puissance des médias dans le bourrage de crâne du peuple.


En deçà de Fantastic M.Fox et globalement de ces précédents fims, Wes Anderson signe toutefois une fable animalière cynique, fortement connotée en terme politique, environnementale et humaniste sur des questionnements ô combien actuels et urgents. La folie n’est pas loin, mais l’espoir brille.

Lully_fabule
7
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le 14 avr. 2018

Critique lue 173 fois

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Lully_fabule

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