Sur son île d'amour, Tino Rossi joue à domicile mais il n'est pas meilleur acteur pour autant. Entre deux romances poussées mollement, il joue le Corse au sang chaud, prêt au crime d'honneur et à la vendetta. Mais comment faire d'un Tino si peu expressif et mobile un insulaire fougueux ? C'est déjà difficile de l'imaginer en séducteur.
Le scénario est très rudimentaire ; c'est un condensé des particularismes de la Corse et de ses clichés, notamment à propos de la susceptibilité et du sens de l'honneur de ses habitants. Charpin fait une pige sans intérêt ; le vénérable Delmont, plus impliqué dans l'intrigue, recouvre ses intonations provençales par l'accent corse.
On sent tout au long du film l'écriture superficielle et l'assemblage approximatif. Un psychodrame à la mode corse autour d'une fille séduite, une histoire d'amour avec la belle Josseline Gael -dont c'est le dernier film pour cause de mise au ban à la Libération- fondée sur du vide et qui se poursuit par une chamaillerie insignifiante : le réalisateur Maurice Cam, avec tellement peu de matière et de conviction, est incapable d'insuffler de l'intensité ou de la passion à ce romanesque bas de gamme.