Schaffner s'essaie au drame hybride, familial, existentiel, en temps de guerre, en même temps qu'il renoue avec George C. Scott 7 années après la célébration de "Patton" (pluie d'Oscars), au moyen d'une adaptation d'un ouvrage posthume d'Ernest Hemingway paru en 1970. Le cadre est original, on découvre une île de l'archipel des Bahamas en même temps qu'on découvre le personnage principal, un homme présenté comme menant une vie tranquille, retirée, en solitaire et entouré de seulement quelques connaissances. Mais force est de reconnaître que le contenu sera rapidement décevant, un brin poussif, quelque chose avec quoi Schaffner ne semble pas très à l'aise.
Dans un premier temps, il est question de dévoiler une part comme refoulée de son passé : sa vie paisible est troublée par la visite de ses trois fils, visite au terme de laquelle le plus âgé lui annonce son engagement dans la Seconde Guerre mondiale — le récit se situe en 1940. Rien de bien folichon à ce niveau, Scott a du mal à jouer le père qui essaie de montrer un semblant de proximité avec sa progéniture, et le rapprochement entre les deux pôles enfants / parent génère très peu d'intérêt (la scène de la pêche étant censée être le temps fort émotionnel, c'est l'insouciance). Puis sa femme débarque sans prévenir : on ne comprend pas plus que lui la raison de sa venue, avant qu'elle ne lui déclare qu'elle va se remarier (acte de divorce) et que leur fils a été tué en Europe. C'est le début de la fin pour la santé mentale du protagoniste, il encaisse mal la chose, le passé commence à le remuer, et à partir de là Schaffner s'essaie au mélodrame et à la mélancolie : c'est un échec, au même titre que les regrets du père qui écrit une lettre à ses enfants après leur visite pour leur dire qu'il les aime. Et puis s'engage la dernière partie, typée aventure, en rupture franche avec le reste, et c'est la fin de la fin : mission sauvetage, scènes d'action avec des fusillades en bateau, bref, point final d'un film raté dans les grandes lignes.