L'imprevu
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L'imprevu

film de Léonce Perret (1917)

Pas de doute, nous sommes bien dans un mélodrame aux artifices plus ou moins grossiers reposant sur des axiomes discutables : un couple à peine marié (et à la situation respectable) qui cède facilement aux avances et une épouse à la santé étonnement fragile.


Sortie de ces limites qui s'oublient plus ou moins facilement, Léonce Perret prouve une nouvelle fois sa supériorité sur une bonne partie de ses confères grâce à une direction d'acteur sobre et subtile qui permet de nuancer un quatuor qui avait de quoi inquiéter sur le papier. On évite ainsi le manichéisme un peu primaire pour des émotions et une psychologue au contraire plus fouillée que d'habitude.
Mais c'est surtout au niveau de la photographie que l'imprévu impressionne pour une très belle utilisation des contrastes et des clairs-obscures. Certaines séquences ont admirables par leur utilisation de la profondeur de champ, des silhouettes découpées (digne d'ombre chinoise) et d'une utilisation virtuose de l'obscurité tel le plan où l'épouse semble irradiée une pièce plongée dans le noir tandis que le mari sort doucement des ténèbres pour se rapprocher d'elle.
Un belle compréhension de la lumière, toujours adaptée à l'émotion de la séquence (l'amie dans la pénombre en train de lire ; le salon du voisin avec différentes sources de lumières...).
En revanche, j'ai trouvé qu'au niveau du cadrage, c'était un peu moins abouti que d'autres films du cinéaste. Il est vrai que l'imprévu se déroule peu en extérieur et dans un nombre très réduit de décors qui ne sont pas beaucoup renouvelé au niveau de la composition de plans.
Il y a aussi quelques soucis dans le gestion du temps avec surtout une action parallèle peu crédible selon la stricte narration du film (une panne de voiture semble arriver au bout de plusieurs heures de routes mais il lui faut 10 minutes pour faire demi-tour en calèche).


Si on fait donc abstraction de son scénario abracadabrantesque (dans les conventions du genre en fait), un bon opus à voir pour sa dimension visuelle très sophistiquée et raffinée.

anthonyplu
7
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le 4 déc. 2016

Critique lue 180 fois

anthonyplu

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