Commençons par une question: comment écrire une critique sincère sans divulgâcher, comme on dit aujourd’hui ?
Quand la réalisation est, comme ici, classiquement irréprochable ou irréprochablement classique, autrement dit sans aucune faille ni génie, sur quoi reste-t-il à écrire, sinon sur l’histoire, et alors comment le dénouement de cette histoire peut-il ne pas déterminer l’appréciation de l’œuvre par le spectateur ?
Quand l’amant français dit au mari américain qui vient chercher l’épouse adultère (voilà, ça y est, je divulgâche) : « What is there for me to say ? », je ne vous dis pas la réponse du mari américain, je vous la laisse deviner.
Je ne vous dis pas non plus ce que je pense du message final mais je vous dis au moins que je ne suis pas d’accord pour qu’on mette les deux mères dans le même sac et qu’on leur fasse porter le même chapeau car on peut avoir vaincu le modèle de sa mère, tout comme avoir tué son père, bien avant le mariage pour toujours enfin réussi.