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Après le succès fulgurant d'un certain Iron Man, Marvel Studios lançait en 2008 son deuxième pion sur l'échiquier du MCU : L’Incroyable Hulk, réalisé par le Français Louis Leterrier. Si le film occupe aujourd'hui une place à part, presque marginale, dans la saga, il propose une approche singulière, plus sombre et terre-à-terre que l'exubérance de Tony Stark.
Le point d'ancrage du film, c'est indéniablement Edward Norton. Fan de son travail depuis Fight Club ou American History X, je ne pouvais qu'être séduit par sa prestation. Il insuffle au personnage de Banner une fragilité et une intelligence palpable qui tranchent avec l'archétype du héros invincible.
Ce qui frappe le plus, c’est le contraste avec Tony Stark. Là où le milliardaire cherche la lumière et la gloire, Banner est un héros malgré lui. Il ne cherche qu'une chose : redevenir normal. Cette quête de solitude rend le personnage profondément humain, loin des fanfaronnades habituelles des blockbusters.
Si le traitement de Banner est réussi, on ne peut pas en dire autant de son antagoniste. L’Abomination (Tim Roth) manque cruellement de relief. Ses motivations restent floues, presque utilitaires : il n'est là que pour offrir un punching-ball physique à Hulk lors du final à Harlem. C’est un problème récurrent dans ce début de MCU : des enjeux de traque (portés par William Hurt) qui tournent souvent en rond.
Techniquement, le film accuse le poids des années. Si j'ai apprécié le rythme posé imposé par Leterrier - qui évite l'écueil du spectacle à outrance - les effets visuels commencent sérieusement à dater. Par moments, le géant vert peine à s'intégrer totalement à son environnement numérique.
L’Incroyable Hulk est une œuvre solide mais imparfaite. Il séduira ceux qui, comme moi, apprécient les incursions sombres et posées dans le monde des super-héros. Cependant, il reste une curiosité historique, un film qui cherche son identité entre le drame intimiste et la nécessité commerciale de la grosse production.
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