Avec L’Infiltrée, Ahmed Sylla passe pour la première fois derrière la caméra et coécrit le scénario. Pour ce double rôle, il transpose à l’écran l’énergie et les tics comiques qui ont fait son succès sur scène. La comédie repose largement sur son humour caractéristique : vannes efficaces, gestuelle familière et autodérision bon enfant. De quoi arracher quelques sourires, sans jamais vraiment provoquer l’hilarité.
Le film reste cependant très sage. L’intrigue, assez convenue, peine à créer un véritable enjeu et donne l’impression d’enchaîner des situations déjà vues. Le jeu des acteurs manque de relief, chacun semblant évoluer en pilotage automatique. La présence de Kaaris, à contre-emploi dans un registre comique, intrigue au départ mais n’apporte finalement qu’une curiosité passagère.
Au final, L’Infiltrée est une comédie gentille, calibrée pour divertir sans prise de risque. On sourit par moments, mais l’ensemble reste trop léger pour marquer durablement. Une proposition honnête pour un premier film en tant que réalisateur et scénariste, sans surprise — et sans grandes attentes