J'aborde ce film après ma découverte du réalisateur avec les bonnes étoiles. Plutôt ennuyé par ce dernier, il m'est malgré tout resté en tête avec le temps et à laissé son empreinte en moi.
Monster ou L'innocence apparaît comme un film abordant une situation sous plusieurs angles. Cette histoire centrée sur ces deux garçons de cm2 au Japon.
Ils m'ont inspiré le doute, l'effroi, l'émotion comme la surprise tout au long du film.
L'ambivalence de mes sentiments avec lesquels Mr Eda prend un malin plaisir à jouer, pour décortiquer la relation entre ces deux jeunes hommes est stupéfiante d'ingéniosité.
En effet, la peur et les mensonges prennent une part importante du récit. Les personnages nous dupent, nos attentes aussi, comme attendu par le réalisateur. Le scénario reste ancré dans l'esprit, il s'insinue en nous pour nous dévoiler une telle profondeur des êtres que nous pensons connaître, nos parents, nos professeur.es du quotidien, nos ami.es.
Nous influencons ce que nous pensons voir. Que croyons-nous finalement? Ce que l'on peut s'imaginer, ce dont nous avons le plus peur peut être.
Là où les bonnes étoiles m'agacait par sa lenteur Narrative, l'innocence pose son univers et chaque détail avec délicatesse.
Il nous fait patienter pour nous sublimer et nous surprendre avec une beauté ineffable.
Oui, cette scène de trompettes restera gravée dans mon cœur cette année.
Je reste happé tout du long par l'œuvre en attendant désespérément de comprendre où le réalisateur nous emmène. Je tiens à souligner que c'est réussi, Kore Eda m'a eu avec son Monster et il a déjoué toutes mes attentes, pour m'envelopper de sa douceur et de son amour cinématographique.
Avec un esprit de Swiss Army Man des Frères Daniels, Monster aborde notre humanité dans cette société japonaise autarcique et culturellement enracinée depuis plusieurs siècles dans des valeurs traditionnelles.
Le film m'a roulé dessus sans crier et gare et il continue de le faire 12 heures plus tard.
Le prix du scénario à Cannes n'attend que vous, pour découvrir la beauté humaine en un film. Merci Kore-Eda