7
le 27 déc. 2023
SuivreMonstres en compagnie
De retour sur l’archipel après les incursions assez oubliables en France (La Vérité, 2019) et en Corée (Les Bonnes Etoiles, 2021), Kore-eda renoue avec ses thématiques de prédilection, dans un récit...
Grand cinéaste de la famille et de l’enfance (les chef-d’œuvre Nobody Knows, Une affaire de Famille, Tel père, tel fils…) , Kore-eda nous bouleverse à nouveau avec ce drame qui prend place dans un Japon encore très conservateur, étouffé par le poids des traditions et des tabous.
Le réalisateur nippon prend le temps d’installer son histoire et il faut au spectateur appréhender la structure d’une narration à la temporalité éclatée, qui tord et alterne les points de vue.
C’est déroutant et le procédé peut nous perdre au début, mais il permet au réalisateur de mettre en place son récit en y ajoutant très progressivement des briques pour nous aider à le comprendre tout en jouant de fausses pistes et de faux semblants. C’est surtout le cas lors des deux premiers « actes » qui adoptent successivement le point de vue de la mère de Minato puis du professeur qu’il accuse de maltraitance. Tout en restant volontairement évasif, Kore-Eda y expose les conséquences dramatiques de la rumeur et du jugement du statut social. Ce n’est qu’après avoir posé et présenté la vision forcément parcellaire de ceux qui l’entourent que L’Innocence va se recentrer sur Minato, le jeune garçon qui a tout déclenché. Dans une mise en scène élégante et précise, presque aérienne, le réalisateur va mettre en place sa mécanique du drame, subtile et d’une immense pudeur. Il nous remet les clefs de l’histoire de Minato, met des mots et des images sur son mal-être et nous donne les raisons de son mensonge. On comprend tout ce qui nous apparaissait flou jusque-là, c’est violent et dévastateur.
L’Innocence est peut-être moins accessible et évident que certains des meilleurs films de Kore-Eda à cause de la sophistication de sa narration qui empêche dans un premier temps le spectateur d’être tout à fait en empathie avec les personnage, mais son dernier acte et sa conclusion figure sans doute parmi ce qu’il a filmé de plus fort.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2023
Créée
le 7 janv. 2024
Critique lue 34 fois
7
le 27 déc. 2023
SuivreDe retour sur l’archipel après les incursions assez oubliables en France (La Vérité, 2019) et en Corée (Les Bonnes Etoiles, 2021), Kore-eda renoue avec ses thématiques de prédilection, dans un récit...
9
le 5 janv. 2024
SuivreTout comme Yannis Ezziadi (Maintenant au moins quand on tape son nom dans un moteur de recherche y'a plus besoin d'aller sur la page 128 pour en trouver mention) je suis assez copain avec Éric...
7
le 2 janv. 2024
SuivreLes premières scènes suivent une mère de famille veuve, élevant seule son fils, dont le comportement l'inquiète. Ce serait dû à l'attitude de son jeune professeur qui l'aurait agressé physiquement et...
3
le 23 mai 2016
SuivreAutant le dire d’emblée, Ma Loute m’est passé complétement au-dessus. Comédie burlesque, voir grotesque, empreinte d’une excentricité peu commune, le film de Bruno Dumont est si singulier qu’il ne...
4
le 27 juil. 2016
SuivreLe mélange des genres est un exercice assez courant dans le cinéma sud-coréen (on se rappelle de l’ovni The Host de Joon-ho Bong), ce n’est pas ce qui étonne le plus à propos de The Strangers. On ne...
6
le 22 janv. 2022
SuivreTombé sous le charme de cette fantasque histoire d’amour à la lecture du roman d’Olivier Bourdeaut, j’étais curieux de découvrir quelle adaptation Regis Roinsard allait en tirer, lui qui a prouvé...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème