Au cœur du film se trouve la relation entre Minato et son camarade Yori, un garçon marginalisé et victime de violences familiales. Leur amitié profonde, empreinte de tendresse et de liberté, est interprétée à tort par les adultes, dont les peurs et les certitudes conduisent à une succession de drames.
À travers cette construction en trois regards, Hirokazu Kore-eda interroge la notion même de « monstre » : est-ce l’enfant différent, l’adulte maladroit, l’institution défaillante ou le regard de ceux qui jugent trop vite ? Le film montre que la vérité est rarement unique et que l’innocence réside souvent dans notre capacité à écouter avant de condamner. Porté par la dernière musique composée par Ryūichi Sakamoto, L’Innocence est une œuvre bouleversante sur l’enfance, la compassion et les limites de notre perception.