Comédie de gangster burlesque enlevée et futée, L’Innocent s’avère également convaincant lorsqu’il explore avec humour les liens mère-fils. Malgré quelques temps faibles, le film est parcouru de nombreuses fulgurances. La finesse de ses dialogues, pensés comme autant de passes d’armes, alliée à l’intelligence de sa mise en scène lui donnent de la cohérence et une sacrée prestance malgré son apparence modeste. Garrel utilise les arrières plans de ses champ-contrechamps comme autant de ressorts comiques et ne perd jamais de vue ses personnages. Surtout, au cœur de ce récit de braquage de branques, l’auteur-acteur-réalisateur articule un jeu de dupes d’un romantisme fou.
Un heureux mélange des genres qui transpire l’amour du jeu et ne pouvait fonctionner sans des interprètes à la hauteur, et à ce niveau c’est un sans-faute. Noémie Merland est lumineuse et hilarante, Anouk Grinberg touchante en mère-poule flanquée d’un indécrottable optimisme, Roschdy Zem parfait en petit bandit faussement repenti et Louis Garrel s’offre un rôle sur-mesure en naïf romantique sur mesure. Et pour ne rien gâcher, il filme très bien Lyon.
Une réussite. Oui, Louis Garrel est franchement drôle